Les mutilations sexuelles féminines: une atteinte à la dignité humaine

Lié sur nos blogs avec Belgique: l’excision toucherait près de 8235 femmes – en 2010, ZERO dossier!, avec Give someone you never met, a gift they will never forget, avec Female Genital Cutting – Eduction and Networking Project et ses liens, avec Circumcision Decision-Make, et avec Clinic to fight taboo of female mutilation.

Publié sur Inter-Parliamentary Union IPU.org, leur revue trimestrielle online Le Monde des Parlements.

La 106ème Conférence de l’Union interparlementaire, tenue à Ouagadougou, a été l’occasion d’un débat parlementaire sur le thème “Une violence contre les femmes : les mutilations sexuelles féminines”. Dirigée par le Président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso, M. Mélégué Traoré (interview ci-après) et animée par des experts burkinabé et des parlementaires de plusieurs pays, la table ronde avait pour objet de présenter diverses pratiques traditionnelles, telles l’excision et l’infibulation, qui affectent des millions de fillettes et de femmes dans plus de trente pays, spécialement en Afrique sahélienne, et aussi de sensibiliser les parlementaires, hommes et femmes, à l’importance de parvenir à l’élimination de ces pratiques dans le respect des cultures et des personnes … //  

On peut être un bon Africain et fidèle à la tradition sans faire exciser les filles:

Q: Lors de la 106ème Conférence interparlementaire, que vous avez présidée, vous avez souhaité organiser un panel sur l’excision et les autres mutilations sexuelles féminines. Pourquoi?

Parce que l’excision est une question importante. Nombreuses sont les sociétés qui en Afrique connaissent le phénomène des mutilations sexuelles des femmes, notamment l’ablation du clitoris. Ce phénomène, très connu au Burkina Faso mais aussi dans un certain nombre de pays d’Afrique et d’ailleurs, se base sur des motifs religieux et culturels, c’est-à-dire sur les traditions. Il faut être conscients de la gravité et de l’étendue du problème. Il existe des ethnies au Burkina Faso qui considèrent qu’une femme ou une jeune fille qui n’est pas excisée n’a pas de chance de trouver un mari. Il faut une prise de conscience des parlementaires à ce sujet. Au Burkina Faso, l’Etat a créé le Comité national de lutte contre l’excision, dirigé par Mme Bassolé. Il s’agit d’une administration permanente dont les membres sont salariés par l’Etat et dont le travail principal consiste à animer toutes les activités de lutte contre l’excision et à mobiliser tous les acteurs qui sont en mesure de lutter contre cette pratique. Certains de ces acteurs étaient, au départ, favorables à l’excision, comme les chefs religieux, surtout islamiques et les chefs coutumiers ; le Burkina Faso reste un pays composé à 50-60% d’animistes. Dans notre tradition, l’initiation est très importante et il se trouve que l’une des justifications de l’excision est justement le rite initiatique, lequel ne peut pas se faire, pour les femmes, sans l’excision. Autrement dit, l’excision est l’un des éléments clé du rite initiatique.

Q: Qui peut rassurer les parents qui font exciser leurs filles de peur qu’elle ne puissent trouver un mari, si elles ne le sont pas?

M.T.: Le phénomène persiste parce que la tradition continue. Dans les années 60, on pensait qu’au lendemain de l’indépendance les traditions n’existeraient plus dans les années 70. On sait aujourd’hui qu’il ne faut pas détruire les traditions mais qu’il faut se les réapproprier et leur donner une autre signification, conforme à notre monde actuel et liée à la valorisation du monde africain. Cela est possible, sans avoir besoin d’exciser les filles. C’est par là qu’il faut commencer. On peut être un bon africain sans exciser les filles. Il faut aussi réprimer. Non pas dans les villages, mais j’estime que l’excision qui est pratiqué dans les hôpitaux ou dans les cabinets médicaux, par des agents de l’Etat, doit être réprimée, même si elle est considérée comme étant plus saine. Au Burkina, la loi interdit l’excision : il s’agit d’un délit pénal. Par contre, s’agissant des sociétés qui l’appliquent en tant que système, il n’y a que la sensibilisation qui puisse en venir à bout. Les exciseuses sont surtout de vieilles femmes, car chez nous, l’âge est chargé de prestige et de respect.

Q: Cette question semble vous toucher profondément: … (voir le long texte).

Voir d’autres articles:

1): Concernant MUTILATIONS GENITALES FEMININES, sur AFROpages, Jeudi, 06 Janvier 2011;

2): Education Santé Essonne, codes CPS91 – Culture et santé – catalogue d’outils pédagogiques (il y a entre autres):

  • Femmes assises sous le couteau: manuel destiné à l’animation de réunions ayant pour thème la prévention des mutilations génitales féminines … Copie sur DVD.
  • Le pari de Bintou: … Ce film raconte l’histoire de Bintou, une jeune mère malienne à Paris, confrontée à la décision cruciale d’exciser ou non sa petite fille. D’un côté, son mari et sa belle-mère insistent pour qu’elle se conforme à la tradition et de l’autre, sa soeur aînée, une infirmière, essaye de la convaincre de résister. Copie sur DVD.

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