C’est l’ignorance qui tue – Waris Dirie revient sur son combat contre les mutilations génitales féminines MGF

Lié sur nos blogs (aussi au 1er Fevrier, 2011) avec Desert Flower Foundation, avec International Organization for Migration IOM / OIM, avec Promouvoir l’Abandon des Mutilations Génitales Féminines dans le Contexte Migratoire, avec Supporting the Abandonment of Female Genital Mutilation in the Context of Migration IOM, avec Give someone you never met, a gift they will never forget, et avec Clinic to fight taboo of female mutilation.

Publié dans Africa Regional Services ARS /français, non daté. (english transcription: Ignorance is the #1 killer, Waris Dirie reflects on her fight against female genital mutilation FGM).

Narrateur: Waris Dirie, fille de nomades somaliens, devenue top-model de renommée internationale, s’est entretenu avec Africa Regional Services à propos de son combat contre les mutilations génitales féminines, également connues sous l’abréviation MGF. A travers sa fondation Desert Flower, et son long métrage du même nom racontant son histoire personnelle, elle s’efforce d’éveiller les consciences et d’éliminer cette pratique. Après 15 ans d’effort et quelques succès, Waris fait remarquer que le manque de sensibilisation reste le plus grand obstacle.

Waris Dirie: Quel est le plus grand obstacle? C’est d’être ignoré, personne n’en parle, personne ne fait quoi que ce soit… C’est un terrible, terrible crime complètement passé sous silence comme si de rien était. C’est l’ignorance qui tue.

Narrateur: Waris cite plusieurs raisons, culturelles ou autres, expliquant la persistance de cette pratique.

Waris Dirie: Tout d’abord ne pas être excisée, pour une femme, est inacceptable, c’est sale, et la societé ne l’acceptera pas, elle sera exclue; puis parce qu’elle n’est pas mariable à cause de tous ces mythes qui circulent.

Narrateur: Elle-même victime des MGF, Waris reconnaît le grand défi présenté quand on essaie de rompre avec les habitudes.

Waris Dirie: Ce n’est pas quelque chose de grave, pour eux c’est normal. C’est si normal même avec ma propre famille … Je viens de … je viens de rentrer de chez ma famille en Somalie, et mon frère, mon petit frère, a six filles toutes très jeunes. Je suis allée les chercher et j’ai réussi à en ramener deux, mais les quatre autres qui ne sont que des bébés, sont en grave danger et la mère et le père se disputent tous les jours en disant: Vous êtes complètement fou si vous pensez que n’allons pas exciser nos filles, qu’elles vont grandir comme ça! … Il faut que je m’occupe de ça avec ma propre famille! … //

Waris Dirie: C’est une chose terrible et ça rabaisse tout le pays parce qu’il n’y a aucune notion de respect quand on excise les filles et les femmes. Un pays ne peut pas se développer dans ces conditions! Rien de positif ne peut en découler!

Narrateur: D’après Waris, ce n’est qu’au prix d’une action concertée, alliant éducation et leadership que les MGF disparaîtront.

Waris Dirie: C’est un combat qui nécessite plus que ma simple mobilisation. C’est le monde entier qui doit s’impliquer. Il faut un sérieux effort dans le domaine de l’éducation. Mais ce n’est pas assez, mon amie, ce n’est pas assez. Nous avons besoin d’hommes et de femmes politiques, nous avons besoin d’Imams, nous avons besoin du Pape. Nous avons besoin de tous ces gens, ces soi-disant leaders. Je ne crois pas qu’une organisation peut changer quoi que ce soit dans le monde. Je pense que ce sont les individus, meme, qui font évoluer les choses. Disons que si seulement un président africain dit: Arrêtez de pratiquer des mutilations ou vous serez banni, je peux vous assurer que ça fera une grosse différence demain. Je crois que l’Afrique brillera si cette pratique se termine.

Narrateur: Nous sommes arrivés à la fin de notre podcast. Nous remercions Waris Dirie et la fondation Desert Flower, et nous espèrons de vous retrouver prochainement pour de futurs podcasts de l’Africa Regional Services. (texte entier).

Comments are closed.