Sénégal – Une rappeuse contre l’excision

Publié dans Slate Afrique, par le staff, le 3 mars, 2011.

Rappeuse, Sister Fa a décidé de mettre sa musique au service de la lutte contre l’excision en Afrique. Comme le souligne l’hebdomadaire sud-africain Mail & Guardian, c’est son beau-père autrichien qui l’a encouragée à s’engager dans ce combat.

Sister Fa vit à Berlin, mais est née au Sénégal. Elle connaît bien le problème: elle-même a été excisée étant petite. A Dakar, la capitale, elle fait campagne sous la bannière «L’éducation contre l’excision». Elle veut ouvrir les yeux aux femmes, aux hommes, mais aussi aux ONG étrangères. Sister Fa explique: 

«Il y a des gens qui confondent les choses, les Occidentaux particulièrement. Ils pensent que c’est un acte barbare. Que c’est une mutilation. Que c’est horrible pour une mère de mutiler son propre enfant. Mais ce n’est pas le cas! Cette vision des choses est à l’origine de l’échec des tentatives d’éradication de cette pratique dans mon pays.»

L’excision est considérée comme un rite de passage vers l’âge adulte en Afrique. Là-bas, elle n’est pas synonyme de «mutilation», un terme qui sous-entendrait que l’on blesse volontairement. Cette pratique fait partie intégrante des cultures locales, et c’est pourquoi l’objectif est de changer les mentalités. C’est un travail de longue haleine. Pour Sister Fa, la musique est un vecteur efficace … //

… Elle estime également que le message passe mieux quand c’est une Africaine qui s’adresse aux Africaines, comme le fait Sister Fa. Avant elle, le chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly avait lui aussi sensibilisé les jeunes en chanson avec son tube «Non à l’excision».

Regarde la vidéo: Sister Fa dit non à l’excision, 5.44 min.

(texte entier).

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