LA PRATIQUE DE L’EXCISION, UN TRAUMA TOUJOURS PERSISTENT

Les acteurs pour une application de la loi 99-05 – Publié dans SudOnline.sn, par Moussa DRAM, le 30 Mai 2011.

Des poches de résistance persistent toujours à Sédhiou et sa région dans les mutilations génitales féminines. La pratique traumatise les jeunes filles et pendant ce temps, l’application de la loi 99-05 se heurte à des difficultés majeures dans la région. Ces deux derniers jours, acteurs de la société civile, de la justice, coutumiers et religieux ont planché sur l’état d’application de cette loi. C’est à l’initiative de l’ONG Fodde et Unfpa. Les participants promettent une large diffusion des enjeux de cette loi … // 

… Et Pape Sarr d’ajouter « le taux de prévalence de l’excision dépasse les 75% dans la région de Sédhiou. L’essentiel des communautés savent que la loi existe mais elles ne connaissent pas les contenues de la loi et de la sanction encourue. C’est pourquoi, il y a beaucoup de travail à faire. Nous avons réfléchi sur les stratégies d’amélioration de cette loi ».

Mépris des communautés dans l’élaboration de la loi?

Abdoulaye Dandan Diédhiou, un participant soutient que la base n’a pas été associée à la prise de décision pour une question aussi sensible. «Il est vrai que les députés votent les lois mais pour celles-ci, à mon humble avis, les propositions devraient être préalablement soumises aux communautés de base car étant un sujet sensible qui touche à la culture », indique-t-il.

L’adjudant chef M’baye Diallo commandant la brigade de gendarmerie de Bounkiling fait remarquer que le refus des dénonciations rend difficile l’application de cette loi. « Les gens refusent de dénoncer les auteurs de l’excision par peur de voir leur proches parents mis en prison et d’en être stigmatisés le lendemain mais l’application reste de rigueur chez nous », relève-t-il.

N’dèye Cissé Biaye du réseau Siggil Jiguën de Sédhiou se dit convaincue des enjeux de cette loi et s’engage à davantage  sensibiliser les communautés.

Les religieux musulmans par la voix de l’imam Mountaga Diao écarte l’islam comme soubassement à l’excision. Il est enfin attendu des participants une bonne connaissance des blocages à l’application de cette loi et l’identification des mesures pour une amélioration de sa mise en œuvre.

Les communicateurs de masse média notamment les radios communautaires sont invités à davantage vulgariser cette loi surtout dans sa dimension sociale et sanitaire dont les préjudices sont graves en témoigne une sage femme présente à l’atelier et relevant que depuis son affectation dans une localité de Sédhiou, “toutes les jeunes filles qu’elle a consulté ont été excisées“.

Chérif Badji, le chef du service régional du développement communautaire de Sédhiou a rappelé les conséquences de ces pratiques et les dispositions judiciaires qui les bannissent avant d’inviter les communautés à proscrire ces mutilations génitales féminines. (texte entier).

Liens:

Lutte contre les mutilations génitales féminines, dans Sylvie Perrinjacquet.ch: Terre des femmes-Suisse a organisé une rencontre le 20 mai 2011 à la Maisons des Associations à Neuchâtel.

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