Droit de reponse à l’imam promoteur de la pratique de l’excision interpellé

Publié dans Le Faso.net, par Sidwaya, le 8 juin 2011.

Après avoir fait écho d’un discours tenu par un fanatique religieux faisant la promotion de l’excision dans un village de Pabré, Kantigui a ouï dire que l’intéressé a été interpellé et sensibilisé. Voici le feed-back transmis aux Editions Sidwaya.

Monsieur le Directeur de publication, Dans votre numéro 6930 du 25 mai 2011 “l’omniprésent Kantigui” dans sa rubrique “On murmure” a relaté le cas d’un fanatique religieux qui a encouragé ses coreligionnaires à continuer à exciser leurs filles.

Le Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision SP/CNLPE voudrait par la présente, vous remercier pour avoir bien voulu attirer son attention et porter votre, les actions qui ont été prises sur ce cas. 

Dès la lecture de votre journal, j’ai saisi la brigade de gendarmerie de Pabré et des acteurs de la promotion de l’élimination de la pratique de l’excision qui ont bien voulu collaborer avec elle dans le cadre de ses investigations. Celles-ci lui ont permis de procéder le mardi 30 mai 2011 à l’interpellation et à l’audition de l’imam et de la personne à qui il avait prodigué des conseils lors de ses noces.

Une mission composée d’un agent social, d’une sociologue, d’un juriste et de deux gendarmes, tous en service au SP/CNLPE, s’est rendue le mardi 31 mai 2011 à la brigade de gendarmerie de Pabré aux fins d’une sensibilisation sur les méfaits de l’excision. La séance de sensibilisation a été faite en collaboration avec le service social de Pabré et la brigade de gendarmerie de cette localité. Ces deux personnes sont de la commune de Ouagadougou.

L’imam en question et le monsieur qui célébrait son mariage, ont perçu les méfaits de l’excision et se sont engagés à être nos relais dans les actions de promotion de l’élimination de la pratique de l’excision. Ils sont même favorables à utiliser au besoin les médias pour sensibiliser les populations contre cette pratique et nous ont communiqué leurs adresses téléphoniques pour d’éventuelles collaborations. Nous les avons mis en contact avec le Réseau burkinabé des organisations islamiques en population et développement (RBOIPD) qui dispose d’une cellule de lutte contre les mutilations génitales féminines appuyée sur le plan technique et financier par le SP/CNLPE. Cette cellule a déjà initié des démarches pour les rencontrer.

Monsieur le Directeur de publication, je voudrais à travers cet écrit, vous féliciter et vous remercier pour l’action préventive que vous avez posée en informant l’opinion publique de l’existence de personnes qui incitent à la pratique de l’excision. Ces personnes, faut-il le rappeler, peuvent être poursuivies selon les dispositions des articles 68, 69 et 380 du code pénal … //

… Je réitère mon appel à la collaboration à l’endroit de toutes les couches sociales et catégories socioprofessionnelles car seules des actions synergiques peuvent venir à bout de ce fléau social.

Nous disposons d’un numéro vert SOS Excision “80.00.11.12.” pour les dénonciations de cas d’excision, de tentatives, d’incitation à la pratique ou de complicité d’excision. L’appel est gratuit à partir d’une puce telecel ou d’une ligne fixe ONATEL. Il est anonyme et permet à de nombreuses fillettes d’être sauvées.

Veuillez agréer Monsieur le Directeur de publication, l’expression de ma franche collaboration.

Marie Rose SAWADOGO, Secrétaire permanente du CNLPE, KANTIGUI. (texte entier).

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