Sénégal: Lutte contre les mutilations génitales féminines

Publié dans Wal fadjri, par Mamadou Sarr, le 17 juin 2011.

Douze ans après le vote de la loi rendant illégale la pratique des Mutilations sexuelles féminines (Mgf), des progrès ont été réalisés, certes, dans l’élimination de l’excision avec des déclarations d’abandon public de plusieurs ethnies sénégalaises, mais une des incidences de cette loi, c’est qu’elle se pratique dans la clandestinité.

En décembre 2010, le ministère chargé de la Famille, des Organisations féminines et de la Protection de l’enfance devenu, après le dernier remaniement, ministère de la Famille et des Organisations professionnelles a commandité une étude pour connaître la portée réelle de l’adoption de la loi 99-05 du 29 janvier 1999 sur les mutilations génétiques féminines et son adéquation avec les stratégies en cours pour l’élimination de l’excision au Sénégal. 

Le rapport final a été remis récemment au tout ministre de d’Etat, ministre de la Famille et des Organisations féminines. L’étude a été menée par le juriste Birahim Ndiaye, ancien conseiller juridique de ce département et non moins spécialiste des questions sociales. L’étude a été effectuée à Dakar et dans les régions de Saint-Louis, Matam, Kédougou, Tambacounda et Kolda.

Le consultant dans son enquête s’est appuyé sur un échantillon de près de 565 personnes composées de responsables d’institutions publiques et d’Ong s’occupant de la question des mutilations génitales féminines (Mgf), de chefs traditionnels, de leaders religieux et d’anonymes.

A l’issue de l’analyse des données quantitatives et qualitatives, l’étude a montré, pour l’essentiel, que les personnes interrogées connaissent l’existence de la loi, mais n’en connaissent pas le contenu, à l’exception, évidemment, des magistrats. Dans la même veine, l’enquête a révélé que selon les localités, la loi contre l’excision suscitait le ‘rejet’ ou la ‘peur’.

Ce que les entretiens ont montré et qui est l’effet contraire recherché par la loi, c’est qu’en rendant illégales les mutilations génitales féminines au Sénégal, la législation a installé la pratique de l’excision dans la clandestinité. De nombreuses personnes qui ont répondu aux questionnaires ont indiqué que ‘l’excision se fait désormais très tôt, à la naissance, avant le baptême’.

‘La pratique continue et se fait dans les villages, dans les concessions, malgré les déclarations publiques d’abandon de l’excision. Parce qu’elle est ancrée dans les moeurs et coutumes et qu’elle est consolidée par la religion’, déclare une personne citée par le rapport … (texte entier).

Meme article dans d’autres medias:

Mutilations génitales féminines : 28 % de femmes sont touchées au Sénégal – Ce que dit la loi du 29 janvier 1999, par M. Sar dans Wal Fadjri, le 17 juin, 2011.

Lutte contre les mutilations génitales féminines, dans Actu Politique.net;

Lien:

Journée de l’enfant africain: La 21e Journée de l’enfant africain, célébrée ce jeudi 16 juin 2011, a pour thème cette année : « Tous ensemble pour des actions urgentes en faveur des enfants de la rue, publié dans allAfrica … (voir la longue liste d’articles).

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