L’enfer d’être une femme en Somalie

Publié dans Radio Netherlands, par Rédaction Afrique, Juin 15, 2011.

“La chose la plus dangereuse qu’une femme en Somalie puisse faire, c’est de tomber enceinte”. Maryan Qasim, ministre de la Femme, s’étonne que son pays ne soit pas premier sur la liste des endroits les plus dangereux pour la femme.

L’étude coordonnée par TrustLaw, une entité de la Fondation Thomson Reuters, a conclu que l’Afghanistan était le pays le plus dangereux pour les femmes, suivi par la République démocratique du Congo, où le viol atteint des proportions alarmantes, le Pakistan et l’Inde. La Somalie est cinquième de ce classement mondial établi sur des critères allant des violences domestiques aux mutilations génitales, en passant par les discriminations économiques.

L’étude de TrustLaw a marqué le lancement de sa nouvelle section TrustLaw Women, un centre international d’actualité et d’information sur les droits juridiques des femmes.

Bien que la Somalie soit en proie à d’incessants conflits depuis ces vingt dernières années, le principal risque encouru par les femmes ne découle pas de la guerre mais de l’accouchement. Le taux de mortalité des femmes somaliennes pendant l’accouchement est un des plus élevés au monde. Une femme y décède toutes les cent naissances.

“Quand une femme tombe enceinte, elle divise ses chances de survie par deux car il n’y a pas de soins prénatals… Il n’y a pas d’hôpitaux, pas de soins de santé, rien”, déplore la ministre.

Maryan Qasim décrit la Somalie comme un “enfer” pour les femmes qui luttent pour nourrir leurs enfants en période de guerre et de sécheresse.

Elle courent en permanence le risque de se faire tirer dessus ou de subir des agressions sexuelles. Le manque d’éducation et de soins de santé, ainsi que les pratiques ancestrales, comme les mutilations génitales, rendent la vie des femmes très difficiles, dit-elle.

Viols:

Maryan Qasim, qui a passé deux décennies en exil, dit avoir été choquée par la misère à son retour dans la capitale somalienne l’année dernière, après avoir été invitée à devenir ministre pour le développement des femmes et la protection de la famille … //

… Mutilations génitales et éducation:

La santé des femmes est aussi sérieusement compromise par la pratique des mutilations génitales féminines MGF, poursuit la ministre qui a travaillé comme obstétricienne et gynécologue en Somalie jusqu’en 1991.

Les MGF,  effectuées sur presque toutes les filles âgées de 4 à 10 ans, visent à assurer que celles-ci restent vierges jusqu’au mariage. Mais cette pratique peut provoquer des difficultés dans le travail et est un facteur responsable du taux élevé de décès lors de l’accouchement.

Maryan Qasim était enseignante en Grande-Bretagne lorsqu’elle a été invitée à rejoindre le gouvernement somalien l’an dernier. Elle souligne que l’un des plus grands besoins des femmes est l’éducation.

“Si les femmes ne sont pas instruites, je pense vraiment que nous ne pouvons pas construire une société. J’ai rencontré beaucoup de jeunes filles et des femmes à Mogadiscio – vous ne pouvez pas imaginer leur appétit pour l’éducation, mais elles n’ont pas la possibilité d’étudier”. (texte entier).

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