Mutilations Génitales Féminines: vers l’abandon total

Publié dans La Nation/Djib, le 22 juin 2011.

Le projet « Halte aux MGF » initié par l’Association des Femmes de Tadjourah (AFT) est déjà en train de porter ses fruits, de plus en plus de chefs coutumiers et de leaders religieux ayant rejoint la » caravane » dirigée par la députée Hasna Hassantou. Cette dernière passe d’un site pilote à l’autre pour convaincre, sensibiliser, informer. Objectif visé ? L’abandon total des MGF.

Le vendredi 10 juin dernier, Mme Hasna Hassantou, députée et présidente de l’Association des Femmes de Tadjourah, a repris son bâton de pèlerin pour aller à la rencontre des communautés villageoises ciblées par son projet de lutte contre les mutilations génitales féminines … // 

… Depuis plus de quinze ans, elle livre, à la tête de l’AFT, un combat inlassable pour améliorer les conditions de vie des femmes de sa région. Et les MGF font partie de ces traditions qu’elle abhorre et qu’elle considère, non sans raison d’ailleurs, comme « barbares ».

Grâce à son aura, elle est en train de convaincre de plus en plus de personnalités importantes dans les milieux ruraux, ce qui lui permet de penser que la guerre contre les MGF est peut-être en train d’être gagnée.

Au cours de ce périple qui l’a menée d’Ardo, dans la région du Goda, à Adaîlou en passant par Randa, Hasna a pu constater la sincérité de l’engagement des communautés villageoises à ses côtés dans ce combat pour la protection de l’intégrité physique des fillettes.

Elle a noté aussi les connaissances acquises par les animatrices villageoises dans le domaine du plaidoyer.

En prenant la parole à Ardo comme à Randa et à Adaïlou, Hasna est revenue sur les conséquences dramatiques de cette pratique ancestrale, elle a évoqué aussi le fait que l’excision était tout sauf un acte religieux.

Elle n’a pas manqué de répéter encore et encore que le corps de la Femme n’avait pas besoin d’être «retouché » par les doigts tordus des exciseuses pour être « parfait».

« Il est déjà parfait parce qu’il est l’œuvre de Dieu», a conclu la députée. Au cours de ces rencontres dans les sites pilotes du projet, l’AFT a pu signer avec ses partenaires, c’est-à-dire les chefs coutumiers, les leaders religieux et certaines femmes connues pour avoir pratiqué l’excision, une charte par laquelle les différentes parties s’engagent à lutter contre les MGF.

« Je suis convaincue que ces hommes et ces femmes n’ont qu’une seule parole et qu’ils la respecteront, c’est une question d’honneur », souligne la députée qui est plutôt fière du travail accompli depuis le lancement de ce projet.

« Ce projet, l’AFT n’aurait jamais pu le réaliser sans l’Union européenne et je tiens à remercier l’UE au nom de toutes les femmes de ma région et surtout au nom des générations futures », ajoute la présidente de l’AFT. (texte entier).

Comments are closed.