L’enfer en or massif

Publié dans SlateAfrique, par Damien Glez, le 29 Septembre 2011.

Le continent africain court après le cours de l’or. Mais il se heurte au revers social de la richesse. Tout ce qui brille ne profite pas à tout le monde. Six septembre 2011. Tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso. Daouda Konaté est à la barre. Cet homme, qui pratique habituellement la circoncision, est passé du prépuce au clitoris. Avec des complices, il excise, depuis le mois de janvier, des jeunes filles entre 1 et 3 ans. 

L’excision est interdite depuis novembre 1996 au Burkina Faso. Mais ce qui attise la curiosité, en cet automne 2011, ce n’est pas tant qu’on la pratique toujours; c’est que le juge entende un exciseur plutôt qu’une exciseuse. Si le sexe de ce tortionnaire est inattendu, c’est que son mobile est original.

L’accusé indique au tribunal ce que sa grand-mère lui aurait enseigné que «le clitoris attire de l’or lorsqu’on le met dans une mine d’or». Konaté mutilait ainsi les enfants dans l’espoir de commercialiser les organes auprès d’orpailleurs. Il espérait en récolter 150.000 francs CFA (environ 200 euros) «pièce»…

Si l’extraction de l’or est une activité pratiquée depuis des lustres au Burkina Faso, ce n’est que depuis quelques mois qu’elle fait l’objet de toutes les convoitises. En 2009, le métal jaune est devenu la principale source d’exportation du pays, supplantant la vedette des plus optimistes programmes d’émergence: le coton.

Un continent pas tout à fait prêt:

Cette année-là, l’or rapportait, en termes d’exportation, la bagatelle de 180 milliards de francs CFA (270 millions d’euros), soit environ 15% du budget national. En 2010, le Burkina doublait encore les recettes liées à l’exportation du métal jaune grâce à des exonérations de taxes et d’impôts, à l’inauguration de nouvelles mines, et à un code minier des plus attractifs … //

omme on dit en Afrique de l’Ouest, «c’est bien, mais c’est pas arrivé». Surtout si les performances de la valeur «or» sur le marché mondial se révélaient une bulle prête à éclater. L’objet de tous les espérances sera-t-il le cœur d’une profonde désillusion? Lundi 26 septembre, la presse économique annonçait que l’or, autour de 1.600 dollars l’once, était en route pour sa plus forte chute en trois jours depuis 28 ans. (le texte en entier).

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