LUTTE CONTRE LA PRATIQUE DE L’EXCISION: Le Burkina et le Mali brisent les frontières

Publié dans leFaso.net, par Josias Zounzaola DABIRE, le 6 octobre 2011.

Le Secrétariat permanent du conseil national de lutte contre la pratique de l’excision (SP/CNLPE) du Burkina et le Programme national de lutte contre la pratique de l’excision (PNLE) du Mali ont mis en place un projet conjoint de promotion de l’abandon de la pratique transfrontalière de l’excision entre les deux pays. La cérémonie de lancement officiel de cette phase pilote du projet est intervenue le vendredi 30 septembre 2011 à Hèrèmakono, au Mali.  

Renforcer la mobilisation sociale des autorités administratives, politiques, communautaires et des populations des deux pays, le Burkina Faso et le Mali, dans la lutte contre la pratique de l’excision. Tel est le contexte justificatif du projet conjoint de promotion de l’abandon de la pratique de l’excision transfrontalière, dont le lancement officiel de la phase pilote a eu lieu le 30 septembre dernier à Hèrèmakono, village frontalier du Mali. La cérémonie était placée sous la coprésidence de Clémence Traoré/Somé, ministre burkinabè de l’Action sociale et de la solidarité nationale, et du ministre malien de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, Mariam Konaré/Kalapo … //

… Dans sa présentation, la directrice du Programme national de lutte contre l’excision, Joséphine Kéita/ Traoré du Mali, a défini les mutilations génitales féminines comme étant des pratiques traditionnelles qui ont encore cours dans, au moins, 28 pays africains dont le Burkina et le Mali. Selon sa présentation, les statistiques montrent un taux de prévalence de 85% pour le Mali et 49,5% pour le Burkina Faso. Selon une étude sur la pratique transfrontalière de l’excision, le fléau prendrait des proportions inquiétantes dans les zones frontalières entre le Mali et le Burkina, notamment dans la commune rurale de Finkolo (Mali) et celle de Orodara (Burkina Faso). Une situation due à un certain nombre de facteurs dont la libre circulation des biens et des personnes, les liens socioculturels et historiques liant les populations des deux côtés de la frontière Burkina/Mali, et aussi à l’absence d’un dispositif législatif punissant l’excision au Mali.

Pour la directrice pays ONU-Femmes au Mali, Rachel Miadiagone, le projet ainsi intitulé, va faire tache d’huile dans la lutte contre cette pratique néfaste. Elle a réaffirmé son soutien au projet, pour l’atteinte de ses objectifs. Le ministre burkinabè de l’Action sociale et de la solidarité nationale s’est réjoui du soutien du projet par le Mali, toute chose qui constitue un acquis dans le combat engagé. En effet, c’est en mars 2011 que le projet a été présenté aux autorités maliennes, et elles ont systématiquement donné leur accord à la synergie d’action. Au-delà des résultats attendus de ce projet conjoint, c’est un signe de la bonne marche de l’intégration sous-régionale, selon le constat de Clémence Traoré/ Somé.

Du côté malien, le ministre de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille fonde l’espoir que l’initiative puisse contribuer à former, informer, sensibiliser et éduquer les populations sur les conséquences néfastes liées à l’excision, en vue d’insuffler une dynamique locale pour trouver des réponses endogènes. Elle a annoncé l’adoption prochaine d’une loi spécifique punissant l’excision comme au Burkina Faso. (le texte en entier).

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