Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes

Audition d’ONG sur le Lesotho, le Tchad, le Koweït et la Côte d’Ivoire – Publié dans Nations Unies /Droits de l’Homme, le 10 octobre 2011.

… S’agissant du Koweït:

  • Une représentante de Musawah a déclaré que les recherches qui ont été menées par son organisation ont permis de mettre en lumière les nombreux domaines dans lesquels existent des inégalités entre hommes et femmes au Koweït.  
  • Ce pays maintient une réserve à l’égard de l’article 9.2 de la Convention qui accorde des droits égaux à ceux de l’homme en ce qui concerne la nationalité de leurs enfants et à l’égard de l’article 16.f qui accorde aux hommes et aux femmes les mêmes droits et responsabilités en matière de tutelle, de curatelle, de garde et d’adoption des enfants. Le Koweït affirme que ces dispositions de la Convention entrent en conflit avec la charia; or, comme l’a déjà souligné le Comité, les réserves à l’article 16 sont incompatibles avec la Convention. D’autre part, l’âge de mariage est de 15 ans pour les filles et de 17 ans pour les garçons et la polygamie est toujours autorisée au Koweït, a fait observer la représentante, ajoutant que pour se marier, les femmes musulmanes sunnites doivent obtenir le consentement de leur tuteur. En outre, le viol conjugal n’est toujours pas reconnu comme un crime au Koweït, a déploré l’oratrice. Elle a également déploré que les femmes koweïtiennes ne soient toujours pas en mesure d’hériter de parts égales à celles des héritiers de sexe masculin.
  • Une experte ayant souhaité savoir les questions sur lesquelles il conviendrait de se pencher prioritairement s’agissant des droits de la femme au Koweït, la représentante de l’ONG a souligné qu’il est très difficile de dire où sont les priorités s’agissant de l’action à mener en faveur des droits des femmes dans ce pays. Elle a toutefois fait observer que les législations fondées sur l’islam doivent être soumises à un examen critique.

S’agissant de la Côte d’Ivoire:

  • Une représentante de Femmes Afrique Solidarité a attiré l’attention sur les violations graves de droits humains et plus particulièrement des droits des femmes qui ont été commises durant la crise électorale et post-électorale en Côte d’Ivoire. À cet égard, elle a apporté son soutien à la Commission sur le dialogue, la vérité et la réconciliation établie au mois de septembre dernier par le Gouvernement ivoirien, soulignant que cette Commission doit permettre d’associer les femmes au processus de paix et de reconstruction dans ce pays; en particulier, cette Commission doit traiter de la question de la violence contre les femmes et de l’impunité, en engageant des poursuites contre les auteurs des crimes qui ont été commis par toutes les parties au conflit.
  • Répondant à des questions de membres du Comité, la représentante de l’ONG a souligné que l’objectif final de la Commission sur le dialogue, la vérité et la réconciliation reste de recréer le tissu social qui s’est gravement détérioré avec la crise qui a frappé la Côte d’Ivoire.

(texte en entier: sur le Lesotho et le Tchad).

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