BURKINA FASO: Reconstituer l’intégrité physique des femmes victimes de l’excision

Publié dans IPS, par Brahima Ouédraogo, 26 novembre 2011.

OUAGADOUGOU, 4 juin (IPS) – La construction d’un centre de reconstitution du clitoris permettra aux femmes victimes de l’excision de reconstituer leur intégrité physique grâce la création de la «Maison du plaisir» à Bobo-Dioulasso, dans l’ouest du Burkina Faso, estime l’Association voix des femmes pour l’épanouissement (AVFE).   

Cette organisation non gouvernementale (ONG) a obtenu, avec l’aide de partenaires étrangers, la réalisation de ce centre en construction, entièrement financé à quelque 80 millions de francs CFA (environ 160.000 dollars) par l’association ‘Clitoraid’ basée aux Etats-Unis. Des médecins se rendront sur place pour restaurer gratuitement le clitoris amputé, selon l’AVFE.

«Les femmes de la sous-région seront traitées sur place, surtout les pays environnants où l’excision se poursuit», confie à IPS, Mariam Banemane la présidente de AVFE.

Banemane, 54 ans, a été excisée depuis l’âge de 13 ans et a été restaurée en 2006 par des gynécologues burkinabé. C’est grâce à son témoignage ainsi qu’à ceux d’autres femmes que l’association Clitoraid a lancé une opération de collecte fonds pour la construction du centre à Bobo-Dioulasso.

«Quand on sait que grâce à la science on peut recouvrer le clitoris, on est curieux de savoir qu’on peut avoir ce qu’on a perdu depuis l’enfance», ajoute Banemane qui affirme découvrir le plaisir qu’elle n’avait jamais connu après l’excision.

Au Burkina Faso, plus de 200 femmes se sont déjà fait restaurer le clitoris depuis 2006, selon le professeur Michel Akotionga, l’un des pionniers de la restauration de cet organe féminin dans ce pays d’Afrique de l’ouest et dans la sous-région. Plusieurs patientes venues d’Europe et d’Amérique ont même déjà subi l’opération de restauration du clitoris dans des cliniques à Ouagadougou, la capitale burkinabé, indique Akotionga à IPS.

«Les femmes excisées ont aujourd’hui de l’espoir car quelle que soit la cruauté de l’excision, on peut retrouver son organe», se réjouit Abibata Sanou, 37 ans, aujourd’hui restaurée après avoir été excisée au septième jour de sa naissance.

Sanou admet avoir senti que quelque chose lui manquait après des échanges avec des filles non excisées. «Maintenant, j’ai recouvré mon intégrité physique. J’avoue que je me sens bien et lors des rapports sexuels, je n’ai plus de douleur. Je me suis habituée à cela maintenant», ajoute-t-elle.

La restauration consiste à rouvrir la cicatrice laissée par l’excision et ressortir le reste du clitoris laissé par l’ablation, l’extérioriser et le fixer. Cette opération se fait sans douleur, affirme Akotionga … (le long texte en entier).

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