A QUAND LA FIN DE CETTE PRATIQUE DE L’EXCISION EN AFRIQUE?

Publié dans Cramer.be, par Hugues Seumo, 25 Décembre 2011.

L’éradication définitive de la pratique de l’excision et de la mutilation génitale féminine en Afrique était au menu des discussions de la communauté internationale et des Nations unies qui avait réuni une kyrielle d’ONG à New York, il ya de cela un peu plus de trois semaines. Au constat, plus de trois millions de femmes victimes chaque année …  

L’excision, parfois appelée mutilation génitale féminine, est un terme qui décrit un éventail de pratiques comprenant l’ablation partielle ou totale et parfois le cousage des organes génitaux féminins pour raisons culturelles ou autres raisons non thérapeutiques.

Les Nations Unies estiment que trois millions de filles sont excisées  chaque année. Les répercussions éventuelles de l’excision sont nombreuses, y compris les traumatismes psychologiques, les complications à l’accouchement, les problèmes gynécologiques et même la mort … //

… Les grands marabouts pratiquant pensent encore que la tradition l’exige pour préserver la virginité, exigée par le futur mari, et à supprimer la sexualité.

Plusieurs gouvernements africains ont commencé à s’élever contre cette pratique, mais jusqu’ici seul le Ghana a adopté une législation spécifique. Au Burkina Faso, les campagnes menées depuis 1990 par l’intermédiaire du Comité national contre l’excision se sont intensifié ces trois dernières années grâce à un soutien accru du gouvernement; les responsables de décès consécutifs à une excision ont été poursuivis devant les juridictions pénales.

Selon Mamadou Mba, président du Forum du développement de l’Afrique de l’Ouest, association basée à Dakar au Sénégal, l’excision, demeure l’une des pires violations de la convention relative aux droits de l’Homme. Selon ce dernier, en plus de menacer la santé sexuelle et reproductive des femmes et des jeunes filles, l’excision est une violation de leur droit humain à la santé et à l’intégrité corporelle, et a souvent des effets physiques et psychologiques durables

Au Cameroun, depuis bientôt une décennie, plusieurs groupes féminins, organisations de défense et de promotion des droits de l’Homme, ne cessent d’exercer sur le pouvoir en place des pressions croissantes pour l’abolition de l’excision. Une association locale de lutte contre l’excision diligentée par madame Marie Akamba s’est donnée pour principale mission de sensibiliser dans les régions du Cameroun les plus vulnérables à cette pratique.

Aucune mesure n’a été prise par le gouvernement camerounais pour éradiquer cette coutume car, déjà en 1998 un comité de lutte composé de membres originaires des différentes parties du pays touchées par cette pratique avait été mis en place pour lui  barrer la voie .Paradoxe, parmi ces membres certains demeurent très attachés à la coutume.

toutes les explications de géographie sanitaire et humanitaire qu’on peut donner à la pratique de l’excision au Cameroun, ne tiendraient pas sans la volonté des dirigeants locaux

Les ONG anti-excision, qui ont déjà fort à faire avec les exciseuses en Afrique, avouent en effet leur impuissance à lutter contre les migrantes, qui savent se faire discrètes et déjouer l’attention. Pas facile d’être sur deux fronts à la fois !

Pourtant, le phénomène est connu depuis longtemps en Afrique. Plusieurs ONG en 1999 avait demandé au  comité interafricain d’œuvrer avec les autres partenaires  pour l’éradication complète des mutilations génitales féminines d’ici l’an 2010…L’objectif n’a pas été atteint en 2010. Il ne le sera d’ailleurs que lorsqu’une loi commune interdisant la pratique sera adoptée par tous les pays d’Afrique. Reste à savoir quand. (le texte en entier).

Comments are closed.