Burkina Faso: Gbantara dit non à l’excision dans la province du Poni

Clôture de campagne PROMACO 2011 – Published on allAfrica, par Karim BIKIENGA, le 9 janvier 2012.

La campagne de déclarations publiques d’abandon de la pratique de l’excision initiée par PROMACO a refermé ses portes le 15 décembre 2011 à Gbantara, un village situé à quatre kilomètres de la frontière Burkina-Côte d’Ivoire dans le Sud-Ouest. C’est le haut-commissaire de la province du Poni, Bernard Yalguado Sawadogo, qui a officié la cérémonie. 

Ce sont les aveux de la population de Gbantara, qui ont marqué la fin des déclarations publiques d’abandon de la pratique de l’excision, organisée par le Programme de marketing social et de communication pour la santé (PROMACO). La population de Gbantara est sortie le jeudi 15 décembre 2011, pour témoigner aux autorités administratives et politiques, son engagement à faire désormais de la pratique de l’excision un mauvais souvenir. Du chef de terre aux jeunes filles, en passant par les femmes et les jeunes hommes, tous ont marqué leur détermination à bouter la pratique de l’excision hors des frontières de Gbantara. « Nous sommes désormais conscients que l’excision est une pratique mauvaise. Aucune fille de Gbantara ne sera plus jamais excisée », a publiquement déclaré le chef de terre du village, Kakiéna Noufé. Et les femmes par la voix de leur représentante Filakoina Noufé d’ajouter « C’est une pratique de nos ancêtres. Nous le faisions par ignorance … //

… Le secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision (SP/CNLPE), partenaire de PROMACO, représenté à la cérémonie par Saydou Kiendrebéogo, a salué l’initiative et félicité PROMACO qui, selon lui, vient renforcer les efforts déjà déployés par les promoteurs de l’élimination de la pratique de l’excision. Du côté de PROMACO, la satisfaction est totale.

Après quatre (4) années de sensibilisation qui se sont articulées notamment autour de plaidoyers et de visionnages d’images portant sur les conséquences des mutilations génitales féminines, il a réussi à convaincre les habitants de Gbantara de la nécessité de l’abandon de la pratique. « A l’issue de ces travaux de quatre (4) ans, plusieurs ont pris conscience des séquelles de mutilations génitales qu’ils vivaient sans le savoir. Et en toute liberté, ils se sont engagés publiquement à abandonner la pratique.

Les sensibilisations se poursuivront dans les autres villages par le biais de ceux qui se sont déjà engagés, mais aussi par des relais communautaires », a laissé entendre Bitona Albert Hien, coordonnateur PROMACO du Sud-Ouest et des Hauts-Bassins. Faut-il noter qu’à l’instar de Gbantara , les activités de proximité de PROMACO à travers le Programme de prévention du VIH/Sida et d’appui à la santé de reproduction (PREVISAR) ont été menées dans vingt- deux (22) villages du Sud-Ouest sur quatre-vingt-quatorze (94) villages répartis dans cinq (5) régions administratives du Burkina. En guise de souvenir de l’engagement de Gbantara à abandonner la pratique de l’excision, un panneau sur lequel on lit « Nous, populations de Gbantara disons non à l’excision ! » a été fixé à l’entrée du village. Et pour sceller la rupture et le commencement de l’ère nouvelle en matière de pratique de l’excision, le chef de terre du village a livré en sacrifice un poulet aux mânes des ancêtres. (full text).

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