Mutilations génitales féminines MGF: plusieurs stratégies adoptées au Niger pour abandonner la pratique

Publié dans Le Sahel, le 1er février, 2012.

Les mutilations génitales féminines MGF sont des pratiques encore courantes au Niger. Reconnues comme des pratiques traditionnelles qui consistent à l’amputation de tout ou parties des organes génitaux surtout femelles, elles ont malheureusement des conséquences  sur la santé des enfants et des femmes qui en sont victimes. C’est pourquoi, depuis quelques années, une large sensibilisation est menée par certaines ONGs et organismes  des Nations Unies comme l’Unicef et l’UNFPA pour l’abandon total en 2015 de l’excision toujours en pratique dans plusieurs régions au Niger. 

Une enquête du CONIPRAT réalisée en 1992, a en effet  démontré l’existence de la pratique de l’excision dans les régions de Diffa (N’guigni), Tillabéri, et la Communauté Urbaine de Niamey: plus précisément dans les Communes I, II et V. Une autre enquête nationale  de cette ONG  réalisée en 2002 ajoute à la liste de ces régions, celles de Maradi, Zinder, Dosso et Diffa où la pratique de l’excision est en cours. Mais, au Niger, il n’y a pas que l’excision comme pratiques traditionnelles néfastes. Selon Mme Boubé Fatouma, présidente du comité nigérien sur les pratiques traditionnelles néfastes (Coniprat), il y a aussi l’ablation de la luette, le mariage et la maternité précoces (rencontrés dans toutes les régions du pays mais très fréquents à Maradi et Zinder); le gavage (pratiqué surtout dans les régions de Niamey, Tillabéry, Dosso, Tahoua et Agadez) ; les tabous alimentaires; l’extraction des dents de lait et des alvéoles; l’attouchement au feu; les saignées; la percée du bas ventre; les pressions abdominales (rencontrées dans les régions de Tillabéry, Dosso); le relèvement du col utérin (rencontré à Diffa); la fixation du foetus;  les scarifications; le tatouage; le percement du lobe, du pavillon de l’oreille et du nez; Le percement des gencives et des lèvres soukka et le sevrage précoce. … //

… Au Niger, une loi  réprimant  ces pratiques existe depuis 2003. Cette loi indique  en son article 232-2a que, Quiconque aura commis ou tenté de commettre une mutilation génitale féminine sera puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 20 000 francs à 200 000 francs. Si la mutilation génitale féminine faite volontairement sans intention de donner la mort, l’a pourtant occasionnée, le coupable sera puni d’un emprisonnement de dix à vingt ans. Le ou les complices de ces délits seront punis de la même peine que l’auteur. L’article  précise en son alinéa 3 que, Les peines prévues à l’article sont portées au maximum lorsque l’auteur appartient au corps médical ou paramédical: une interdiction d’exercer sa profession peut être prononcée pendant une durée n’excédant pas cinq ans. La même  loi indique que, est qualifiée de mutilation génitale féminine, toute atteinte à l’organe génitale de la femme par ablation totale ou  partielle d’un ou plusieurs de ses éléments par excision, par infibulation, par insensibilisation ou par tout autre moyen. (le texte en entier).

Links:

Female Genital Mutilation in Kenya, published on Antilles, 26 Janvier 2012;

Female Genital Mutilation FGM on en.wikipedia.

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