L’Excision comme punition: elle risque l’excision pour son enquête sur les Sandés

Publié dans Kadidia, webmagazine de la femme Africaine, le 2 avril 2012.

Au Liberia, Mae Azango, journaliste au quotidien vit sous la menace depuis qu’elle a mené une enquête sur l’excision. 

Mae Azango vit depuis plusieurs semaines dans la terreur. Tout à commencé le 8 mars lorsque cette journaliste du journal Front Page Africa a publié le témoignage d’une jeune femme excisée à l’âge de 8 ans par des membres des Sandés, sociétés secrètes féminines où les mutilations génitales – l’ablation du clitoris dans ce cas précis – sont pratiquées comme rites d’initiation au mariage. Son enquête comportait des photos de jeunes filles qui avaient subi le rituel et relatait le cas d’une femme de 47 ans excisée alors qu’elle n’avait que 13 ans à cause d’un crime commis par sa mère en 1976.

Quelques jours après la publication de son article, Mae Azango a commencé à recevoir des appels téléphoniques anonymes, où une femme lui reprochait d’avoir dévoilé leur secret, lui indiquant qu’elle allait « payer le prix », a-t-elle raconté à l’AFP. « Je ne faisais que mon travail, mais aujourd’hui j’ai de gros ennuis ». La punition pour ceux qui ont trahi ce secret est de subir le même rite d’initiation, « que vous le vouliez ou non », s’inquiète-t-elle. « Ils me cherchent depuis des semaines maintenant. Ils sont allés au journal, chez moi. Le pire est qu’ils ont tenté de prendre ma fille de force pour l’exciser ».

L’excision fait partie de nos coutumes: … //

… Une pratique autorisée au Liberia:

Ellen Johnson Sirleaf la présidente du Liberia est de plus en plus interpellée sur la question, en particulier depuis qu’elle a reçu le prix Nobel de la Paix en 2011. « Nous trouvons troublant que le Liberia, qui se vante d’être le premier pays d’Afrique dirigé par une femme, reste silencieux sur une telle controverse », déplore Front Page Africa dans un récent éditorial. « Nous espérons que le débat suscité par l’article d’Azango poussera le gouvernement et la société dans son ensemble à éduquer un public pas informé des dangers et des risques des mutilations sexuelles ».

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 92 millions de filles âgées de plus de 10 ans ont été victimes de mutilation génitales pour des raisons culturelles, religieuses ou sociales. Ces pratiques ont été interdites dans plusieurs pays, mais pas au Liberia.
(le texte en entier).

Links:

L’IPS examine des efforts pour terminer FGM au Libéria, dans News médical, April 4, 2012 (IPS);

Liberia: La police doit prendre des mesures immédiates pour protéger une journaliste, dans Amnesty International, déclaration publique, le 13 mars 2012; de meme dans IFEX; et dans Ouestaf.com;

Belgique: Rencontres du CRIBW avec le Collectif des Femmes;

DEVELOPPEMENT-DROITS HUMAINS-JUSTICE-SECURITE-NORD MALI: Me Demba Traoré prend son bâton de pèlerin;

Les mutilations féminines une menace pour l´humatinité;

La première dame du Burkina Fasso en lutte contre les MGF: une video dans voxafrica, 2.33 min.

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