Excision : 100.000 FCFA pour un clitoris coupé

Publié dans Slate Afrique, par Ghislaine Atta, Août 31, 2012.

L’excision, cette pratique inhumaine est, aujourd’hui, décriée sous tous les cieux. Si bien que la lutte contre les mutilations génitales est devenue une affaire interplanétaire. Cependant, qu’en est-il de la prise en charge psychologique, médicale et esthétique des millions de femmes excisées ? Et comme dirait l’autre : après le dépôt des ‘’armes’’ par certaines exciseuses, qu’est-ce qui est fait pour « la réinsertion pleine et totale » des victimes. Afin qu’elles puissent mener «une vraie vie de vraies femmes » ?

La stigmatisation: … //

… Une honte mal vécue:

  • En effet, l’excision, avec son pouvoir dévastateur, n’a pas du tout épargnée cette étudiante. La «mutilée» a, de ce fait, la réputation de « femme insensible »,… « incapable d’éprouver du plaisir ». Et l’on se demande : comment fait-elle pour assouvir sa libido ? D’aucuns répondent par cet adage : « Ce que je n’ai jamais connu, ne me manque pas». Mais, la rumeur, la méchante ( ?) peut-être, elle, circule que la femme excisée serait nymphomane. Parce que «jamais satisfaite », elle serait à la recherche perpétuelle « d’une fontaine de sensation » qui lui ferait découvrir « les délices de la terre », confie Alexandre T., enseignant.
  • Aussi, joue-t-elle la carte de la discrétion, pire de la … honte. Désormais, sans visage…sans repères, elle se noie dans la déferlante des « on dit ». « Comme si elle était coupable de quelque chose. Qu’en pensent les hommes, amants, époux ou partenaires de femmes excisées ? Tout en avouant « qu’il existe une différence détonante entre la femme qui a connu la furie du couteau ou de la lame et celle restée indemne », la fébrilité avec laquelle ils abordent le sujet trahit leurs inquiétudes. Mais alors, que faut-il faire ? Laisser la femme excisée à son triste sort …au milieu du gué ou alors, penser à sa réhabilitation ? Il urge de « trouver des solutions aux maux psychologiques en créant des structures spécialisées à cet effet ou encore user de la chirurgie réparatrice pour celles chez qui cela est encore possible », préconise Sabine Tah. , fervente militante de la lutte contre les violences faites aux femmes.

100.000 FCFA pour un clitoris coupé:

  • Des révélations étranges et bouleversantes ont été faites sur la pratique en Afrique. Au Mali, des exciseuses auraient refusé de déposer leurs couteaux en contrepartie de la somme de 150 000 Fcfa parce qu’elles gagnent mieux en excisant (5000 F Cfa par excision) et en vendant chaque clitoris coupé à 100 000 FCFA. Il ressort que la demande dépasse l’offre. Ainsi, il apparaît dans ce pays que les clitoris coupés seraient destinés à deux types d’usage. Tout d’abord, ils seraient utilisés comme filtre d’amour sous la forme de pommade:
  • Ils sont séchés, pilés, mélangés à du beurre que des femmes s’appliqueraient sur le corps. Ceci aurait le pouvoir de les doter d’un charme foudroyant. La seconde catégorie de clients utilise le clitoris dans des procédés mystiques qui procureraient de la chance pour se faire élire ou pour être riche. En sus, des hommes s’en serviraient comme aphrodisiaque.

Réparation:

  • Au début des années 2000, le chirurgien français, Pierre Foldès, est le premier à mettre au point, en collaboration avec l’urologue Jean-Antoine Robein, une technique chirurgicale d’étirement permettant de réparer la presque totalité des dommages causés par l’excision.
  • La réparation du clitoris permet de retrouver un contact et des sensations érotiques avec les capteurs de plaisir présents à cet endroit. L’orgasme, inconnu jusque-là, peut enfin survenir. Cependant, même s’il s’agit d’un geste d’empathie pour le sexe de la femme excisée, une opération est toujours un acte agressif au cours duquel on coupe des tissus, on les recoud … Par ailleurs, le plaisir sexuel met parfois longtemps à apparaître, parfois plus de 2 ans après l’intervention. Pire, une ingérence chirurgicale dans la zone sexuelle peut troubler un fonctionnement qui était plutôt positif  malgré l’excision. Hadja Sidibé.

(full text).

Liens:

Traduit en allemand, le Manuel didactique sur les mutilations génitales féminines sera distribué aux professionnel-le-s de la partie germanophone du canton, publié sur le, Site officiel de l’Etat de Fribourg/Suisse, le 5 Septembre 2012: En 2010, le Manuel didactique sur les mutilations génitales féminines avait été diffusé auprès des professionnel-le-s francophones de la santé, du social et de l’éducation, dans le cadre de la campagne menée par le canton sur ce thème. Grâce aux efforts du Bureau de l’intégration des migrant-e-s, ce manuel a été traduit en allemand. Présenté hier, il sera prochainement distribué aux professionnel-le-s concerné-e-s de la partie germanophone du canton … (le texte en entier). (La version française du manuel Mutilations génitales féminines: le Manuel didactique à l’usage des professionnels en Suisse peut être commandé auprès de l’Institut international des Droits de l’enfant).

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